10/8/2026
9 minutes

Animation en EHPAD : le guide complet pour animateurs et soignants

Animation en EHPAD : idées, exemples et planning 2026. Guide complet pour animateurs et soignants : activités, objectifs, planning hebdomadaire.

L'animation en EHPAD regroupe les activités individuelles et collectives qui font vivre le quotidien des résidents : ateliers mémoire et jeux cognitifs, gymnastique douce, ateliers créatifs et artistiques, animations musicales, stimulation sensorielle, jardinage, sorties et activités culturelles. Elles ne servent pas à occuper le temps. Elles visent à maintenir l'autonomie, stimuler la mémoire, favoriser le lien social, lutter contre l'isolement et améliorer la qualité de vie de chaque personne âgée.

Depuis 2016, le projet d'animation de la vie sociale fait partie du socle de prestations minimales de chaque établissement. Ce n'est plus une question de bonne volonté : c'est une composante du projet de vie, au même titre que le soin.

Reste le terrain. Avec un animateur pour 58 résidents en moyenne, l'animation ne peut pas reposer sur une seule personne.

Quels types d'animations proposer en EHPAD ?

Les activités proposées en EHPAD couvrent plusieurs grandes catégories, pensées pour s'adapter aux capacités physiques et cognitives de chaque personne âgée. Un bon programme d'animation sociale en maison de retraite alterne ces différentes approches tout au long de la semaine.

Affiche présentant les différentes catégories d'animation en EHPAD : ateliers mémoire, gym douce, séances sensorielles et activités sociales

Stimulation cognitive et ateliers mémoire

Les ateliers mémoire sont parmi les animations les plus répandues en EHPAD. Ils stimulent la mémoire, le raisonnement et le vocabulaire, et contribuent à prévenir le déclin cognitif. La durée idéale est de 20 à 30 minutes par séance pour maintenir l'attention sans provoquer de fatigue excessive.

•          Atelier réminiscence : photos d'époque, objets du quotidien d'autrefois, musiques familières pour raviver les souvenirs.

•          Jeux de mémoire, mots croisés, anagrammes, jeux de société adaptés grand format.

•          Quiz culturels, quizz musical, trouver l'intrus,les 5 différences, proverbes à compléter.

•          Lecture à voix haute, cercle de lecture, atelier écriture et poésie.

Ces jeux cognitifs peuvent aussi se pratiquer en individuel, notamment auprès des résidents qui ne descendent plus en salle commune.

Activités sensorielles et stimulation sensorielle

Les activités sensorielles sont adaptées aux résidents présentant des troubles cognitifs avancés. Elles permettent de créer un lien non verbal et d'atteindre des personnes âgées inaccessibles aux animations classiques.

•          Bacs sensoriels : sable, graines, tissus de textures différentes, objets à identifier au toucher.

•          Musicothérapie : écoute active de musiques familières ou participation instrumentale (maestro).

•          Projections lumineuses interactives (Tovertafel) et coussins multisensoriels (inmu).

•          Aromathérapie : diffusion d'huiles essentielles pour favoriser la relaxation et raviver des souvenirs.

Photo representant des personnes qui jouent à la Tovertafel et au maestro

Ces outils trouvent aussi leur place dans des moments délicats du quotidien, comme la toilette ou la transition avant le repas en unité PASA, où ils apaisent les comportements agités.

Activités physiques adaptées et gym douce

L'activité physique adaptée contribue au maintien de l'autonomie, prévient les chutes et améliore le bien-être émotionnel des résidents. Même des mouvements simples ont un impact positif sur la santé physique et le moral.

•          Gym douce, yoga sur chaise, tai-chi adapté, danse assise.

•          Exercices de motricité fine et de coordination pour maintenir la dextérité.

•          Jeux de ballons adaptés, lancer de palets, parcours d'équilibre.

•          Marche accompagnée à l'extérieur pour maintenir le lien avec l'environnement.

Activités artistiques, cuisine thérapeutique et jardinage

Peinture, dessin, art-thérapie, ateliers créatifs saisonniers, collages : ces animations stimulent la créativité, renforcent l'estime de soi et créent des réalisations concrètes dont le résident peut être fier.

Ces activités stimulent la créativité et renforcent l'estime de soi. La cuisine thérapeutique est l'une des activités EHPAD les plus appréciées : pétrir, éplucher, sentir les arômes, chaque geste sollicite la mémoire procédurale, souvent intacte même en cas de troubles cognitifs avancés.

Le jardinage thérapeutique apporte le contact avec la nature, réduit le stress et améliore la motricité. Des tables de culture en hauteur permettent aux résidents à mobilité réduite de participer pleinement.

Sur le terrain

Certains établissements poussent la logique plus loin en montant de véritables projets créatifs sur l'année. Dans un EHPAD du Pas-de-Calais, une animatrice a constitué une petite équipe de résidents photographes, prolongée par un atelier scrapbooking.

Le principe : ressortir les photos personnelles des résidents, souvent oubliées au fond d'un tiroir, les commenter ensemble et les mettre en album. L'animatrice résume l'objectif simplement, il s'agit de refaire vivre un peu la vie des résidents.

Résidente d'EHPAD cueillant des tomates cerises dans le jardin thérapeutique de l'établissement

Ateliers esthétique et bien-être

Rarement citée dans les programmes d'animation, l'esthétique est pourtant l'une des activités les plus efficaces en individuel : massage des mains, soin du visage, pose de vernis.

L'intérêt dépasse largement le moment de détente. Beaucoup de résidentes allaient régulièrement chez l'esthéticienne avant leur entrée en établissement. Reproduire ce rendez-vous en chambre, c'est leur permettre de conserver une image de soi positive et de garder un lien avec ce qu'elles faisaient avant.

Animations intergénérationnelles et sorties en groupe

Les rencontres avec des élèves, des crèches ou des associations sont parmi les moments les plus forts du programme. Les résidents y retrouvent un rôle actif. Ils partagent, ils transmettent, ils se sentent utiles. Ces animations renforcent l'estime de soi et recréent du lien là où l'isolement s'était installé.

Les sorties en groupe et les activités culturelles à l'extérieur (théâtre, marché, promenade en ville) prolongent cette ouverture. Elles maintiennent le lien avec la vie de la commune et rappellent au résident qu'il reste un citoyen.

La proximité géographique facilite beaucoup ces projets. Un EHPAD voisin d'une maison d'assistantes maternelles peut organiser des rencontres régulières sans logistique lourde.

Animation musicale

L'animation musicale EHPAD mérite une place à part. La musique active des zones cérébrales préservées même à un stade avancé de la maladie d'Alzheimer. Chant collectif, écoute guidée, percussions simples : l'effet sur l'humeur est immédiat et mesurable.

Quels sont les objectifs de l'animation en EHPAD ?

Les animations en EHPAD jouent un rôle crucial dans la qualité de vie des résidents. Elles ne sont pas un simple complément au projet de soin : elles en font partie intégrante, reconnues comme telles dans le projet d'établissement.

Voici les six objectifs concrets et ce que chacun change au quotidien.

Objectif Ce que ça change concrètement
Autonomie préservée Stimulation régulière pour ralentir le déclin physique et cognitif
Lien social renforcé Lutte contre l'isolement, facteur aggravant de dépression
Bien-être émotionnel Réduction du stress, ambiance apaisante dans l'établissement
Participation active Inclusion de tous les résidents, même ceux avec troubles sévères
Interactions sociales Liens renforcés entre résidents, familles et soignants
Troubles du comportement Apaisement via les interventions non médicamenteuses (INM)
Chiffre clé : en 2024, la France compte environ 7 400 EHPAD pour près de 595 000 places. Le ratio moyen est d'un animateur pour 58 résidents, en progression depuis 2017 (1 pour 64,8), mais encore insuffisant pour couvrir tous les besoins. (Source : sosehpad.com, données sectorielles 2024)

Les bienfaits des animations en EHPAD dépassent le cadre de l'activité elle-même. Les interventions non médicamenteuses (INM) contribuent à apaiser les troubles du comportement, et un résident qui participe régulièrement est un résident que l'équipe observe mieux : fatigue, douleur, repli, plaisir. L'animation est aussi un outil de repérage.

Un double effet

Les bienfaits des animations en EHPAD dépassent le cadre de l'activité elle-même

Les interventions non médicamenteuses (INM) contribuent à apaiser les troubles du comportement. Mais l'effet ne s'arrête pas là : un résident qui participe régulièrement est un résident que l'équipe observe mieux.


Ce que l'équipe repère pendant une animation

  • Fatigue
  • Douleur
  • Repli
  • Plaisir

L'animation est aussi un outil de repérage.

Sur le terrain, la perception est souvent plus dure encore. Amandine, formatrice avance dans ses formations le chiffre d'une animatrice pour 80 résidents. Quel que soit le ratio retenu, la conclusion est la même : l'animation ne peut pas reposer sur une seule personne.

Comment animer les résidents qui ne participent plus à rien ?

C'est le défi quotidien de nombreux animateurs en gérontologie. L'apathie touche une large part des résidents en EHPAD, notamment ceux atteints de la maladie d'Alzheimer à un stade avancé. Les activités collectives classiques n'y répondent pas toujours.

Ce qui fonctionne :

  • Proposer en chambre plutôt qu'en salle commune - moins d'anxiété, plus de sécurité
  • Petit groupe de 3 à 5 résidents : la dynamique est plus accessible
  • Outils sensoriels sans consignes : pas besoin de comprendre pour participer
  • S'appuyer sur l'histoire de vie : choisir l'activité selon les souvenirs du résident
  • Séances courtes de 15 à 20 minutes plutôt qu'une animation collective longue
1 Conseil Ludinnov

Même un simple jeu de mémory peut recréer du lien là où il avait disparu. Une psychologue témoigne qu'une séance entre un résident aphasique et son épouse a permis de renouer une complicité absente depuis des mois : sans mots échangés, le lien était de nouveau présent.

L'animation en chambre en pratique

Aller dans les étages ne veut pas dire renoncer au matériel. Adeline, animatrice en EHPAD depuis sept ans, décrit un fonctionnement simple : l'équipe charge ce dont elle a besoin et monte auprès des résidents alités ou trop fatigués pour descendre.

Le répertoire est plus large qu'on ne l'imagine :

Format Contenu Ce que ça travaille
Tablette Photos, musique, jeux simples Attention, plaisir, lien avec l'extérieur
Quiz individuel Questions adaptées au parcours du résident Stimulation cognitive, réflexion
Soin esthétique Mains, ongles, visage Image de soi, contact, détente
Écoute musicale Répertoire familier Mémoire émotionnelle, apaisement
Album photo Deux ou trois images connues Réminiscence, échange verbal
Tovertafel Pixie Jeux lumineux projetés, sans consigne à comprendre Stimulation sensorielle, participation sans effort cognitif

C'est précisément pour ces situations qu'existe la Tovertafel Pixie, la version mobile de la Tovertafel. Là où le modèle fixe équipe une salle d'animation, la Pixie se transporte d'une chambre à l'autre et se destine aux temps individuels ou en très petit groupe.

L'intérêt auprès d'un résident alité tient à ce qu'elle ne demande rien : pas de consigne à retenir, pas de posture à tenir, pas de réponse à donner. Le résident réagit aux lumières projetées avec la main, ou se contente de regarder. Dans les deux cas, il se passe quelque chose.

Conseil Ludinnov : Même un simple jeu de mémory peut recréer du lien là où il avait disparu. Une psychologue témoigne qu'une séance entre un résident aphasique et son épouse a permis de renouer une complicité absente depuis des mois. Sans mots échangés, le lien était de nouveau présent.

Quel est le rôle de l'animateur en EHPAD ?

L'animateur en gérontologie ne fait pas « des activités ». Il accompagne chaque résident dans son projet de vie. C'est un coordinateur, un observateur, un lien entre l'équipe soignante et les familles.

Ses missions concrètes :

  • Concevoir et animer des activités adaptées aux capacités préservées de chaque personne âgée
  • Développer des projets d'animation en lien avec le projet d'établissement
  • Organiser ateliers créatifs, sorties culturelles, événements sociaux, animations intergénérationnelles
  • Créer du lien social entre résidents, familles et personnel soignant
  • Évaluer le programme et ajuster le planning selon les retours des participants

Les compétences de l'animateur :

  • Connaissance des pathologies du grand âge (Alzheimer, Parkinson, troubles psychiques)
  • Capacité d'adaptation et d'observation fine
  • Travail en équipe pluridisciplinaire
  • Créativité et sens de l'organisation

L'animation ne doit pas reposer sur une seule personne. Les outils simples, sans préparation ni rangement, permettent à toute l'équipe d'intégrer des temps d'animation courts même lors de journées chargées.

Personnes âgées jouant à un jeu de société

L'animation est l'affaire de toute l'équipe

Le projet d'animation appartient à la résidence et non à l'animateur, même s'il en est le chef d'orchestre. Tous les moments hors soins sont des moments de vie sociale, et n'importe quel agent devrait pouvoir en animer : un goûter à trois autour d'une table, quinze minutes de tricot, une conversation assise à côté d'un résident.

La vie sociale se construit dans un regard, une aide à la toilette, une chanson. Il faut quelqu'un qui pilote, mais il faut embarquer les soignants, les agents, les familles, les bénévoles et la direction.

Concrètement, cela suppose des outils simples, sans préparation ni rangement, que toute l'équipe peut utiliser sur des créneaux courts même lors de journées chargées.

Comment devenir animateur en EHPAD ?

Plusieurs voies mènent au métier. Le BPJEPS spécialisation animation sociale est la plus courante en EHPAD. Le CPJEPS mention AAVQ, le bac professionnel Animation, enfance et personnes âgées (AEPA), le BTSA DATR et le DEFA constituent les autres portes d'entrée.

Les trajectoires réelles sont rarement linéaires. Adeline, animatrice depuis sept ans, est passée par une formation d'agent d'accompagnement des personnes âgées comportant un petit module d'animation, puis par un contrat unique d'insertion, avant de se former au BPJEPS.

Au-delà du diplôme, les compétences de l'animateur relèvent autant du savoir-être : écoute, patience, capacité d'observation fine, travail en équipe pluridisciplinaire et connaissance des pathologies du grand âge.

Comment construire un planning d'animation en EHPAD ?

Un bon planning d'animation en EHPAD repose sur trois règles simples :

  1. Couvrir les 4 axes : cognitif, physique, sensoriel, social
  2. Viser 5 à 7 activités significatives par semaine et par résident
  3. Exploiter les 2 créneaux d'éveil : 10h–11h30 et 15h–16h30

Associer les résidents en amont

C'est le changement de méthode le plus rentable, et il ne coûte rien.

Une équipe d'animation du Pas-de-Calais décrit son évolution en une phrase : avant, on arrivait et on annonçait aux résidents le programme. Aujourd'hui, chaque idée de projet est présentée à la direction, puis aux résidents. Le projet ne se monte que s'ils sont partants, et il se construit avec eux.

Les résidents deviennent acteurs de ce qu'ils ont envie de faire, ce qui change radicalement le taux de participation. Le Conseil de la vie sociale (CVS) et la commission animation sont les instances naturelles pour formaliser ce recueil.

Exemple de planning hebdomadaire

Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
10h 11h30
Gym doucephysique
Atelier mémoirecognitif
Maestro musicalsensoriel
Lecture de pressecognitif
Atelier équilibrephysique
15h 16h30
Séance Tovertafelmulti stimulation
Chant et musiquesocial
Atelier manuelcognitif
Goûter à thèmesocial
Cinéma souvenircognitif
En chambre
Coussin Inmu
Visite familles
Lecture individuelle
Musique douce
Bilan équipe
Lundi
10h 11h30
Gym doucephysique
15h 16h30
Séance Tovertafelmulti stimulation
En chambre
Coussin Inmu
Mardi
10h 11h30
Atelier mémoirecognitif
15h 16h30
Chant et musiquesocial
En chambre
Visite familles
Mercredi
10h 11h30
Maestro musicalsensoriel
15h 16h30
Atelier manuelcognitif
En chambre
Lecture individuelle
Jeudi
10h 11h30
Lecture de pressecognitif
15h 16h30
Goûter à thèmesocial
En chambre
Musique douce
Vendredi
10h 11h30
Atelier équilibrephysique
15h 16h30
Cinéma souvenircognitif
En chambre
Bilan équipe
Cognitif
Physique
Sensoriel
Social
Multi stimulation

Un même atelier peut couvrir plusieurs axes : une séance Tovertafel sollicite à la fois le cognitif, le sensoriel et le social.

Le calendrier annuel

Le planning hebdomadaire ne suffit pas. Un projet d'animation se construit aussi de janvier à décembre, en s'appuyant sur le calendrier festif pour donner des repères temporels aux résidents.

Les temps forts à intégrer : galette et vœux en janvier, Chandeleur et carnaval en février, printemps et jardinage en mars, Pâques en avril, fête des mères et goûters familles en mai, fête de la musique en juin, activités estivales en juillet et août, projets collectifs à la rentrée, Semaine Bleue en octobre (semaine nationale des retraités et personnes âgées), réminiscence en novembre, fêtes de fin d'année en décembre.

Adapter selon le profil des résidents

  • GIR 5-6 (autonomes) → débats, ateliers d'écriture, sorties culturelles
  • GIR 3-4 (Alzheimer modéré) → petits groupes, consignes simples, stimulation multisensorielle
  • GIR 1-2 (alités) → animations individuelles en chambre, musique douce, projections

Les 4 erreurs à éviter

  1. Surcharger le matin et délaisser l'après-midi, alors que c'est là que l'agitation progresse chez les résidents Alzheimer.
  2. Oublier les week-ends, alors que les familles sont plus présentes.
  3. Construire le planning seul, sans concertation avec l'équipe soignante et les résidents.
  4. Bâtir le programme sans avoir observé les résidents au préalable, au risque de proposer des activités inadaptées au public réel de l'établissement.

Construire le projet d'animation de l'établissement

Le planning hebdomadaire n'est que la partie visible. Ce qui le rend cohérent d'une semaine sur l'autre, c'est le projet d'animation.

Le projet d'animation de la vie sociale fait partie du socle de prestations minimales des EHPAD depuis la loi d'adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015. Il couvre les activités internes comme l'ouverture sur la vie locale.

Un animateur décrit une méthode en trois temps.

  1. Le diagnostic. Savoir à qui l'on s'adresse avant toute activité : historique de la résidence, public accueilli, capacités réellement préservées, centres d'intérêt, et surtout ce que les résidents ne veulent pas faire. Sa comparaison est parlante, un médecin ne délivre pas une ordonnance avant d'avoir établi un diagnostic.
  2. La mise en œuvre. L'axe prioritaire découle du diagnostic et s'articule avec le projet d'établissement, dont le directeur garde la maîtrise. Le programme d'animations équilibre ensuite activités régulières et temps forts.
  3. L'évaluation. Détaillée dans la section suivante.

L'erreur la plus fréquente consiste à vouloir montrer tout de suite que ça bouge.

« Se précipiter dès le premier jour de sa mission pour mettre en place des activités parce que maintenant que l'animateur est sur place il faut que ça se voie, on a une chance sur deux de se tromper. » animateur-coordinateur

Sans phase d'observation préalable, les activités proposées ont toutes les chances d'être inadaptées au public réel de l'établissement.

Les dispositifs interactifs : une nouvelle dimension pour l'animation

Depuis quelques années, des outils technologiques pensés pour le grand âge enrichissent les programmes d'animation en maison de retraite. Ils ne remplacent pas l'animateur - ils lui donnent des leviers supplémentaires, notamment pour les résidents les plus difficiles à atteindre.

Trois dispositifs se distinguent dans les établissements médico-sociaux :

  • La Tovertafel projette des jeux interactifs sur une table ou au sol. Les résidents réagissent aux mouvements de leurs mains sans comprendre de règles. Efficace pour l'apathie, les troubles cognitifs avancés et les moments de transition difficiles (toilette, repas en unité PASA).
  • Le Maestro permet de créer de la musique de façon intuitive, sans connaissance musicale. Il stimule la créativité, l'estime de soi et la participation active.
  • L'Inmu est un coussin multisensoriel basé sur la musicothérapie. Il apaise ou stimule selon l'usage, et s'utilise en chambre comme en salle commune.

Ces outils s'intègrent dans le planning hebdomadaire comme n'importe quelle autre activité en EHPAD - avec un avantage : ils ne nécessitent pas de préparation, ce qui permet à toute l'équipe de les utiliser.

FAQ - Foires aux questions

Quelles animations proposer à un résident atteint d'Alzheimer ?
Les activités les plus adaptées sont celles qui ne reposent pas sur la performance ni sur la mémoire récente : stimulation sensorielle, musiques familières, réminiscence à partir de photos ou d'objets anciens, et gestes du quotidien comme la cuisine. L'objectif n'est pas de faire réussir, mais de créer du lien et d'apaiser. Les séances courtes de 15 à 20 minutes, en petit groupe ou en individuel, fonctionnent mieux que les animations collectives longues.
Comment adapter l'animation selon le niveau d'autonomie (GIR) ?
Le GIR donne un repère utile mais ne résume ni les goûts ni la fatigabilité du résident. En pratique, les GIR 5-6 profitent de débats, d'ateliers d'écriture et de sorties, les GIR 3-4 de petits groupes avec consignes simples et stimulation multisensorielle, les GIR 1-2 d'animations individuelles en chambre comme la musique douce ou les projections. L'adaptation part toujours de la personne, pas seulement de son niveau de dépendance.
Quel budget prévoir pour les animations en EHPAD ?
Beaucoup d'activités à fort impact coûtent peu : réminiscence, chant, gym douce, lecture ou jeux adaptés demandent surtout du temps et de la préparation. Pour les dispositifs plus structurants, les leviers de financement existent (Conférences des financeurs, ARS, fondations, mécénat local). Un budget animation se raisonne moins en montant qu'en équilibre entre activités gratuites régulières et quelques investissements durables.
Comment impliquer les familles dans les animations ?
Les familles participent mieux quand le format est simple, annoncé tôt et avec un rôle clair : goûter familial, atelier transmission d'une recette ou d'un savoir-faire, collecte de photos pour un album de vie, ou appel vidéo pour les proches éloignés. L'idée n'est pas d'en faire des organisatrices permanentes, mais de leur ouvrir des moments ponctuels et accessibles. Prévoyez le consentement pour les photos et une solution pour les résidents qui ne souhaitent pas participer.
Que proposer à un résident très dépendant ou alité ?
L'objectif n'est pas la performance mais la présence, le confort et le choix. Une animation peut durer cinq minutes et se limiter à écouter une musique familière, toucher une matière, regarder deux ou trois photos connues ou choisir entre deux objets. Ce qui compte, c'est d'observer les signes de confort ou de retrait et d'arrêter avant la fatigue.
Comment réagir quand un résident refuse de participer ?
Le refus doit être respecté, jamais sanctionné. Un refus peut venir de la fatigue, du moment mal choisi ou de l'activité elle-même, pas d'un désintérêt de principe. Proposez plutôt deux choix simples, un format plus court, ou la même activité en chambre plutôt qu'en salle commune. Notez les refus et leurs raisons possibles pour ajuster la programmation sans mettre le résident en échec.
Quelle animation organiser selon les saisons ?
Le calendrier suit les repères de l'année et les événements locaux : crêpes et masques en février, semis et jardinage au printemps, cartes postales et jeux d'eau l'été, cuisine et odeurs à l'automne, chants et décorations en décembre. Ces temps saisonniers créent des repères temporels précieux, notamment pour les résidents désorientés. L'important est de garder de la souplesse plutôt que d'imposer un thème obligatoire chaque mois.
Combien d'animations par semaine faut-il prévoir ?
Un bon repère est de viser 5 à 7 activités significatives par semaine et par résident, réparties sur les deux créneaux d'éveil de la journée, 10h-11h30 et 15h-16h30. La régularité compte plus que la quantité : mieux vaut des rendez-vous stables et adaptés qu'un planning surchargé le matin et vide l'après-midi, au moment où l'agitation progresse chez les résidents Alzheimer.
Comment évaluer si une animation a fonctionné ?
L'évaluation ne se limite pas au taux de participation. Observez l'engagement, le plaisir, le confort, les refus et la fatigue, y compris chez les résidents qui participent peu mais réagissent positivement. Un regard, un sourire ou un geste sont des indicateurs aussi valables qu'une réponse verbale. Ces retours nourrissent l'ajustement du planning au fil des semaines.
Quel est le salaire d'un animateur en EHPAD ?
Le salaire dépend du diplôme, de l'expérience et de la convention collective de l'établissement. Un animateur débutant se situe généralement autour du SMIC, avec une progression selon l'ancienneté et le niveau de qualification (CPJEPS, BPJEPS, DEJEPS). Les postes en coordination ou en projet d'animation ouvrent sur des rémunérations plus élevées.

 

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